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Ergué-Gabéric
Article mis en ligne le 10 juin 2012 par fmartin
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Composition

Dallam 1680 mec I 11 jeux

Situation :En tribune au fond de l’église.
Diapason à 20° ; :
Tempérament : Inspiré de Schlick.
Traction notes : Mécanique
Traction jeux :  Mécanique

Remarques :
La fenêtre du clavier est située à l’arrière de l’orgue.
Il n’y a pas de 1er C#.
Les deux jeux d’anches (Trompette et Voix Humaine) sont coupés en Basses et Dessus entre D#3 et E3.

Clavier 48 notes
Bourdon 8’
Montre 4’
Flûte 4’
Nazard 2 2/3’
Doublette 2’
Tierce 1 3/5’
Fourniture III rgs
Cymbale II rgs
Cornet V rgs C3 à C5
Trompette 8’ (B&D)
Voix Humaine 8’ (B&D)

Informations

Propriétaire : Mairie d’Ergué-Gabéric
Affectataire : Monsieur le Curé, Ensemble Quimper Rive Gauche, Presbytère place del’église, 29500 Ergué Gabéric
Organiste : Françoise Le Roux

Historique

On ne possède guère d’archives sur l’orgue d’Ergué- Gabéric, aussi devons-nous nous baser sur l’examen de l’instrument lui-même pour en reconstituer l’historique. Une date apparaît sur son buffet : 1680, et la comparaison avec les orgues de Ploujean, Saint-Melaine de Morlaix, Guimiliau, Sizun et Rumengol nous permet d’attribuer la paternité de cet orgue à Thomas Dallam, sieur de la Tour. Ce facteur, d’origine anglaise, est né vers 1630, dans une famille catholique originaire du Lancashire. Son père, Robert Dallam, était déjà célèbre en Angleterre, mais il dut s’exiler au moment de la Révolution puritaine qui interdit l’usage de l’orgue dans les églises et se réfugia à Quimper en 1642. Il fut chargé de construire le grand orgue de la cathédrale, et la famille Dallam garda longtemps des attaches avec Quimper. En 1660, à la restauration de la monarchie anglaise, Robert Dallam rentra dans son pays mais son fils Thomas resta dans le Finistère où il s’établit et travailla sans relâche jusqu’à sa mort à Guimiliau en 1705. On lui doit les orgues déjà cités ainsi que d’autres disparus depuis. L’orgue de Ploujean, près de Morlaix, fut commandé en 1677 et terminé en 1680 ; il est donc contemporain de celui d’Ergué, avec lequel il présente de nombreuses analogies : les deux orgues ne possèdent qu’un seul clavier à l’arrière du buffet, et tous deux se trouvent placés en bord de tribune, tels des positifs.
 
Ce qui fait l’intérêt de l’orgue d’Ergué-Gabéric, c’est qu’il fut très peu retouché au cours des siècles. Quelques réparations eurent lieu en 1845, consécutives à des dommages causés par la chute du clocher en 1836. Ces modestes travaux, réalisés par un artisan originaire du Morbihan, François Bardouil, permirent à l’instrument de poursuivre sa carrière jusqu’en 1902, lorsque les Wolf, facteurs d’origine suisse établis à Quimper, effectuèrent une intervention pour 1 200 F. Quelques années plus tard cependant il semble que l’orgue soit devenu muet et ce triste état devait durer juqu’en 1980. L’instrument tricentenaire, classé Monument Historique, fut alors restauré par Jean Renaud sous la direction de Jean-Albert Villard. L’objectif était de revenir autant que possible à l’état de 1680. Les travaux portèrent sur la remise en état de la tuyauterie, de la soufflerie, du sommier, de la mécanique des claviers et des registres, ainsi que sur le buffet et la tribune. Dans les années qui suivirent, il parut souhaitable de poursuivre cette restauration et d’y adjoindre une seconde tranche concernant la partie sonore c’est-à-dire les tuyaux et leur harmonisation. Cette deuxième tranche fut réalisée par Bernard Hurvy. La pression, d’abord fixée à un niveau élevé, fut ramenée à 85 mm, mais le réservoir vraisemblablement posé en 1845 par F. Bardouil fut maintenu. Le diapason de l’orgue, que l’on avait d’abord cru plus bas d’un demi-ton par rapport au ton actuel, fut rétabli à un ton entier au-dessous, soit 387 Hz. Plusieurs surprises attendaient le facteur Bernard Hurvy lors des travaux de 1990. En effet l’analyse de la tuyauterie révéla son hétérogénéité. Comme tous les tuyaux anciens étaient de Dallam (environ 450 sur les 750 que compte l’instrument, les autres étant des copies faites en 1980) il fallut conclure que le facteur, sans doute pressé, avait puisé dans ses fonds d’atelier. B. Hurvy s’interrogea sur les tailles insolites de certains tuyaux , provenant des jeux les plus divers, mais tous façonnés par Dallam, avec ses marques d’origine bien reconnaissables. D’autre part le plein-jeu comportait, d’après les perces des registres, deux rangs à la Fourniture et trois pour la Cymbale, disposition inhabituelle alors que les marques des tuyaux indiquaient trois rangs à la Fourniture et deux pour la Cymbale, répartition classique. Autre énigme, les petits tuyaux placés en montre dans le soubassement. Ont-ils correspondu à un deuxième clavier disparu depuis ? Ont-ils jamais sonné ? L’examen le plus attentif n’a pas permis de répondre à cette question. On le voit l’histoire de ce petit instrument comporte encore des zones d’ombre, et mériterait d’être mieux connue, ainsi que les circonstances de sa construction. Tel qu’il est cependant, il représente surtout depuis 1990, un excellent exemple de la facture de Thomas Dallam et permet de retrouver des sonorités oubliées depuis bien longtemps.
 
Michel COCHERIL
 
(source  : Orgue en Cornouaille)

 

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